Les affaissements miniers

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Les affaissements miniers

Un peu d'histoire

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Belle Fleur

Dès le XIIe siècle, commence l'extraction d'une terre noire propre à faire du feu. Elle porte un nom wallon : la houille. C'est elle qui fait la prospérité de la région liégeoise.
La houille est d'origine sédimentaire. Elle est le résultat d'une longue histoire qui remonte au carbonifère. Les couches qu'elle forme sont désordonnées et ont déterminé les grands gisements houillers, notamment du bassin liégeois. La houille a d'abord été extraite par galeries creusées à flanc de coteau. Ensuite, au fur et à mesure des progrès techniques, des puits ont traversé des couches meubles de plus en plus épaisses avant d'atteindre le terrain houiller.

Les conséquences de l'exploitation minière

Pour des raisons de rentabilité, les concessionnaires des charbonnages n'ont pas procédé et n’ont pas été contraints par l’Etat (l’Administration des Mines) au remblayage systématique des veines déhouillées, ce qui a provoqué, petit à petit, l'effondrement des terrains supérieurs.

Ce phénomène ne fait que s'accentuer depuis la fermeture des derniers charbonnages. Ces affaissements miniers ont placé la contrée dans une position d'insécurité, particulièrement dans la plaine alluviale de Meuse (lit moyen et lit majeur). On estime qu'en amont de Liège, la descente moyenne du sol a fluctué pendant de nombreuses années entre cinq et dix centimètres par an. Il existe dès lors un réel danger d'inondation.
Les affaissements miniers varient en fonction du niveau d’exploitation du sous-sol, ils ont atteint localement des ampleurs de quatre à six mètres, voire davantage.

L'après-charbon

L’arrêt des charbonnages au cours de la seconde moitié du XXe siècle a ralenti le phénomène d’effondrement du sous-sol. On estime aujourd’hui que ce processus est quasi terminé. Par contre, la cessation des activités minières induit de nouvelles perturbations du sous-sol liégeois.

C’est l’après charbon.

Depuis l'hiver 1977-1978, il a été constaté des phénomènes liées à une remontée progressive de la nappe aquifère.
Des arrivées d'eau se produisent en effet dans les caves d'immeubles de plusieurs quartiers situés au-delà de la limite de la plaine, au dessus du niveau de la crue maximum de la Meuse.
Jemeppe, Flémalle, Tilleur, Wandre, Jupille, Vivegnis, Herstal, Cheratte, etc. ont été touchées par le phénomène.

Cette remontée de la nappe est indubitablement imputable à la cessation des pompages effectués par les charbonnages. Elle ne cessera de s'amplifier que lorsque la nappe en sera revenue à une situation d’équilibre comparable à celle existant avant l'exploitation minière. Elle sera cependant aggravée par les descentes de sol dues à cette dernière.

Les solutions à mettre en œuvre sont simples à définir : elles sont utilisées et éprouvées depuis 75 ans par l'A.I.D.E. Les investissements correspondants risquent néanmoins d'être très importants.
Afin de définir les ouvrages devant pallier les conséquences des remontées de nappes, les services de l'A.I.D.E. ont procédé à de nouveaux nivellements généraux.

Aucune descente du sol significative n'est à enregistrer depuis 1977.
Par contre, il a été constaté à certains endroits un relèvement significatif des terrains : 102 mm à Wandre et Cheratte, 226 mm à Seraing, 171 mm à la limite entre Jemeppe et Tilleur, 80 mm à Flémalle, etc.
Ces zones à relèvements plus accentués correspondent précisément à celles où des effets de la remontée de la nappe se sont manifestés.

On peut donc en conclure qu'il existe vraisemblablement une relation de cause à effet à ces deux éléments : la remontée de la nappe conduit à un relèvement de niveau du sol par gonflement des terrains sous-jacents et à la fragilisation des pieds de colline et des terrils.

Les causes et les mécanismes de ces phénomènes doivent être précisés afin de permettre la mise en œuvre des moyens nécessaires à protéger les zones urbaines soumises à ces risques. C’est pourquoi l’AIDE est à l’origine de diverses études universitaires auxquelles elle participe activement.

Citons notamment, en 2001, l’étude concernant « les remontées des niveaux piézométriques dans les massifs affectés par des travaux houillers », confiée à l’ISSeP et,.en 2002, un projet réunissant différents experts européens (financé à 60 % par feu la CECA) intitulé « Development of tools for managing the impacts on surface due to changing hydrogeological regimes surrounding closed underground coal mines ».

Le problème est complexe et sa compréhension fine se heurte à un manque de données, notamment piézométriques et débitmétriques nécessaires à l’alimentation des modèles mathématiques. 

Le nombre de communes concernées directement par les études actuellement en cours s’est sensiblement élargi : aux villes et communes de Saint-Nicolas, Ans, Liège, Herstal, Visé, Oupeye, Blégny et Dalhem directement touchées par les problèmes constatés, s’ajoutent Engis, Flémalle, Grâce-Hollogne et Seraing. D’autres communes sont également concernées par les concessions minières : Beyne-Heusay, Chaudfontaine, Fléron, Herve, Olne, Saint-Georges-sur-Meuse, Soumagne, Thimister-Clermont et Trooz.

Aujourd’hui, les études continuent, mais à un rythme conditionné par les budgets alloués, donc particulièrement lent.