Les inondations

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Les inondations

Les affaissements miniers ont placé la contrée dans une position d'insécurité.
Le schéma suivant illustre la situation de terrains qui seraient inondés temporairement ou en permanence en l'absence de travaux de démergement.

Les premières inondations

Les affaissements miniers ont affecté progressivement la plaine alluviale durant le XIXe siècle, le niveau des terrains se rapprochant de plus en plus du niveau du fleuve. La crue de Meuse en 1880 n’atteint que les quartiers les plus bas. Elle sera à l’origine de la première station de pompage de démergement, construite par la société Cockerill pour protéger ses installations à Seraing. Cette station est toujours en service aujourd’hui.

Les inondations de 1925-1926

Les inondations de 1925-1926 furent les plus spectaculaires et les plus dommageables tant pour les populations que pour l’industrie. Elles forceront les autorités publiques à réagir.

Ainsi, le 1er novembre 1925, les eaux montent brutalement de 25 à 30 centimètres mais elles stagnent. La grande crue n'a lieu qu'en début janvier. Les eaux s'élèvent subitement et atteignent les étages. Aussitôt la population s'organise. Les barques des pêcheurs sont réquisitionnées pour permettre aux sinistrés de quitter ou de regagner leur domicile, afin d'effectuer les achats de première nécessité. L'accès aux fenêtres se fait par des échelles posées le long des façades.
Le laitier vient approvisionner les gens en barquette et là où l'on peut passer avec une charrette, l'union coopérative livre le pain. On s'approvisionne en eau alimentaire à l'hôpital tout proche. Les ouvriers communaux livrent en barque le charbon bien nécessaire pour lutter contre le froid et l'humidité. On en remplit des seaux que l'on hisse péniblement à bout de bras.

Les fameux trams canards, aux roues surdimensionnées, au plancher surélevé, sillonnent les rues là où le niveau de l'eau le permet et brise un peu l'isolement social dans lequel est confinée la population. Hommes, femmes, enfants sont désœuvrés puisque les écoles, les industries, les charbonnages sont fermés. Le temps s'est figé dans le malheur. Et notre témoin de s'exclamer: « C'était deux fois la misère ! ».
La jeunesse de Monsieur Miny lui a permis de vivre ces épreuves avec humour. Tout pour lui était sujet à jeu. Les « tines » (grands bassins) deviennent des barques et les installations provisoires et autres passerelles sont un véritable défi. Sa voix pourtant se fêle quand il évoque la perte de son beau violon. Lorsque les eaux se retirent, tout est désolé. Un carcan de boue nauséabonde enserre meubles et objets divers. Pour lutter contre les épidémies et le manque d'hygiène, la Croix-Rouge organise des concours de propreté. Ceux-ci incitent les ménagères à rendre à leur maison l'éclat des premiers jours.