Les principes de conception

En ce qui concerne de l’AIDE, le démergement peut être défini comme étant l’ensemble des moyens mis en place dans le but d’assurer l’évacuation efficace permanente de l’ensemble des eaux qui aboutissent dans la plaine affaissée suite à l’exploitation minière.

Le démergement de la région liégeoise repose sur quelques grands principes directeurs :

  •  l’évacuation directe en Meuse de toutes les eaux des collines et des plateaux faisant partie des bassins hydrographiques de zones à protéger par l’édification d’exutoires ;
  • la réalisation dans la plaine alluviale de vastes réseaux de collecte assurant l’égouttage de toutes les eaux (ruisseaux, sources, eaux de pluie, eaux usées résiduaires de la population et de l’industrie), y compris les eaux d’infiltration de la nappe aquifère dans les caves des immeubles ; en fonction du niveau du fleuve, ces réseaux de collecte se rejettent naturellement en Meuse ou transitent par des stations de pompage de démergement. Ces stations de pompage ne sont mises en service que lorsque le niveau du fleuve l’exige. Certaines stations situées dans les parties les plus affaissées de la plaine fonctionnent de façon permanente;
  • lorsque cela est possible (par exemple, pour des friches industrielles désurbanisées), le remblaiement des terrains affaissés jusqu’à un niveau hors d’atteinte des crues permet de rétablir la situation antérieure aux affaissements miniers. Ce principe ne peut cependant être mis en oeuvre que rarement.

Ce système présente l’énorme avantage de ne pomper que les eaux qui ne peuvent rejoindre la Meuse naturellement. La consommation d’énergie y est donc limitée au strict nécessaire.

schema demergement thumb

L'exploitation des ouvrages

Depuis sa création, l’AIDE assure l’exploitation des ouvrages de démergement qu’elle a réalisés sur le territoire de la province.

Jusqu’en 2004, le financement de l’exploitation était assuré à raison de 75% par l’état belge dans un premier temps et ensuite par la Région Wallonne au moment de la régionalisation du domaine d’activité de l’eau et à 25% par les Communes affiliées.

Depuis 2004, la SPGE s’est substituée à la Région Wallonne et est donc devenue la principale source de financement de l’exploitation.

A ce jour, environ 70 agents assurent l’exploitation des 30 stations de pompage principales, des 13 stations de pompage secondaires, des 207 kilomètres de collecteurs et exutoires, des 12 bassins d’orage et de 125 kilomètres de câbles de signalisation et d’énergie électrique.

La majorité du personnel ouvrier est répartie sur deux secteurs d’exploitation: le secteur situé en amont de Liège est supervisé à partir de la station de pompage principale n°6 de Seraing et le secteur situé en aval de Liège à partir de la station d’épuration de Liège-Oupeye.

pompes cheratte

C’est au départ de ces deux ouvrages que le personnel assure l’exploitation des stations de pompage principales et secondaires faisant partie du réseau de démergement.

Une autre partie du personnel est affectée au secteur de la maintenance dont le siège est le complexe atelier de Sclessin (Liège).

Cette partie du personnel assure, outre l’exploitation des ouvrages de collecte et de retenue, les opérations de maintenance mécanique conséquente et la conduite du charroi lourd.

Afin d’assurer une sécurité de fonctionnement optimale des ouvrages de démergement, une fraction du personnel ouvrier travaille en horaire décalé de manière à couvrir les 24 heures d’une journée et ce, 7 jours sur 7.

Un dispatching central destiné à recevoir l’ensemble des alarmes des ouvrages de démergement mais aussi celles de l’épuration est installé à la station de pompage principale n°6 de Seraing.

Enfin, le système comporte également des gardes à domicile de manière à pouvoir faire face aux évènements imprévus survenant en dehors des heures normales de travail, tels les dépannages urgents, la remise en service en période de crue des stations de pompage non permanentes, les interventions sur pollutions, etc.

Quant au personnel employé de l’exploitation, celui-ci est affecté au siège social de l’AIDE, il assure les tâches techniques et administratives liées à l’exploitation quotidienne des ouvrages et celles nécessaires au maintien en bon état du patrimoine immobilier.

Les 15 stations de pompage principales permanentes de l’AIDE et les 15 stations de pompage principales non permanentes (c’est-à-dire celles dont la mise en service est tributaire des niveaux de la Meuse et de l’Ourthe) ainsi que les stations de pompage secondaires qui par définition sont toutes permanentes, évacuent en moyenne annuellement environ 30.000.000 m³ d’eau dans la Meuse et dans l’Ourthe.

A Liège, le niveau d’étiage (cote correspondant à un faible débit) de la Meuse se situe à la cote 60,00 mètres; celui de l’Ourthe à hauteur de la Gare d’Angleur à la cote 60,20 mètres environ.

Le débit de la Meuse au Pont de Seraing varie de +/- 30 m³/s en étiage à quelques 2 600 m³/s lors de très fortes crues. Pour ce débit maximum théorique, les simulations montrent que la crue de la Meuse atteindrait une cote supérieure de 5,50 mètres au niveau d’étiage, soit 65,50 mètres mesurés au pont de Seraing.

Durant l’hiver 1993/94 et en janvier 95, soit deux années consécutives, des cotes de l’ordre de 64,45 mètres ont été mesurées pendant plusieurs jours, ce qui est tout à fait exceptionnel. Les crues de la Meuse d’ampleur normale atteignent généralement des cotes comprises entre 62,00 et 63,00 mètres.

Le débit de l’Ourthe théorique au niveau de la Gare d’Angleur varie de quelques m³/s en étiage à 700 m³/s au plus fort de la crue. Les variations du débit et donc du niveau de l’Ourthe sont rapides et par conséquent difficilement prévisibles.

Le budget d’exploitation des ouvrages de démergement est de l’ordre de 6,7 millions d’euros par an en ce compris les budgets alloués aux travaux importants de rénovation et de réparation sortant du cadre de l’exploitation courante.

Ce budget permet notamment de couvrir les frais d’énergie, de personnel et des biens et services.

L'après-charbon

L’arrêt des charbonnages au cours de la seconde moitié du XXe siècle a ralenti le phénomène d’effondrement du sous-sol. On estime aujourd’hui que ce processus est quasi terminé. Par contre, la cessation des activités minières induit de nouvelles perturbations du sous-sol liégeois.

C’est l’après charbon.

Depuis l'hiver 1977-1978, il a été constaté des phénomènes liées à une remontée progressive de la nappe aquifère.

Des arrivées d'eau se produisent en effet dans les caves d'immeubles de plusieurs quartiers situés au-delà de la limite de la plaine, au dessus du niveau de la crue maximum de la Meuse.
Jemeppe, Flémalle, Tilleur, Wandre, Jupille, Vivegnis, Herstal, Cheratte, etc. ont été touchées par le phénomène.

Cette remontée de la nappe est indubitablement imputable à la cessation des pompages effectués par les charbonnages. Elle ne cessera de s'amplifier que lorsque la nappe en sera revenue à une situation d’équilibre comparable à celle existant avant l'exploitation minière. Elle sera cependant aggravée par les descentes de sol dues à cette dernière.

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Les solutions à mettre en œuvre sont simples à définir : elles sont utilisées et éprouvées depuis 75 ans par l'AIDE Les investissements correspondants risquent néanmoins d'être très importants.
Afin de définir les ouvrages devant pallier les conséquences des remontées de nappes, les services de l'AIDE ont procédé à de nouveaux nivellements généraux.

Aucune descente du sol significative n'est à enregistrer depuis 1977.

Par contre, il a été constaté à certains endroits un relèvement significatif des terrains : 102 mm à Wandre et Cheratte, 226 mm à Seraing, 171 mm à la limite entre Jemeppe et Tilleur, 80 mm à Flémalle, etc.
Ces zones à relèvements plus accentués correspondent précisément à celles où des effets de la remontée de la nappe se sont manifestés.

On peut donc en conclure qu'il existe vraisemblablement une relation de cause à effet à ces deux éléments : la remontée de la nappe conduit à un relèvement de niveau du sol par gonflement des terrains sous-jacents et à la fragilisation des pieds de colline et des terrils.

Les causes et les mécanismes de ces phénomènes doivent être précisés afin de permettre la mise en œuvre des moyens nécessaires à protéger les zones urbaines soumises à ces risques. C’est pourquoi l’AIDE est à l’origine de diverses études universitaires auxquelles elle participe activement.

Citons notamment, en 2001, l’étude concernant « les remontées des niveaux piézométriques dans les massifs affectés par des travaux houillers », confiée à l’ISSeP et,.en 2002, un projet réunissant différents experts européens (financé à 60 % par feu la CECA) intitulé « Development of tools for managing the impacts on surface due to changing hydrogeological regimes surrounding closed underground coal mines ».

Le problème est complexe et sa compréhension fine se heurte à un manque de données, notamment piézométriques et débitmétriques nécessaires à l’alimentation des modèles mathématiques. 

Le nombre de communes concernées directement par les études actuellement en cours s’est sensiblement élargi : aux villes et communes de Saint-Nicolas, Ans, Liège, Herstal, Visé, Oupeye, Blégny et Dalhem directement touchées par les problèmes constatés, s’ajoutent Engis, Flémalle, Grâce-Hollogne et Seraing. D’autres communes sont également concernées par les concessions minières : Beyne-Heusay, Chaudfontaine, Fléron, Herve, Olne, Saint-Georges-sur-Meuse, Soumagne, Thimister-Clermont et Trooz.

Aujourd’hui, les études continuent, mais à un rythme conditionné par les budgets alloués, donc particulièrement lent.


Demergement
Niveau de la Meuse à Seraing : 60,15 m
Niveau de l'Ourthe à Angleur : 59,95 m

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